Couronne d'argent du royaume de Kaffa, Musée ethnologique d'Addis-Abeba — Sailko, Wikimedia Commons, CC BY 3.0
Saviez-vous que
Le lien entre Kaffa et le mot « café » reste une hypothèse peu probable.
Le caféier pousse dans cette région d’Éthiopie, ce qui peut faire penser que le mot « café » vient du nom Kaffa. Les linguistes cités jugent toutefois ce rapprochement peu probable. La ressemblance entre un lieu et un mot ne suffit pas à établir leur lien.
Kaffa désigne un peuple qui se nomme Kafficho, un ancien royaume et une zone administrative éthiopienne. Keffa est une façon de transcrire le nom amharique. Ces différents usages doivent être distingués de l’hypothèse sur le mot « café ».
PeupleKafficho
PaysÉthiopie
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : La désignation Ndebele englobe des groupes distincts. Les Ndzundza (Ndebele du Sud proprement dit) se distinguent des Manala (Ndebele du Nord intérieur) et des Ndebele du Zimbabwe. Sous l'apartheid, les deux groupes furent regroupés dans le bantoustan KwaNdebele (1977-1994), ce qui masqua leurs différences internes.
Pourquoi ce nom pose problème : L'appellation 'Pedi' est ambigue : elle renvoie tantot au clan royal Maroteng (sens etroit), tantot a l'ensemble des 27-30 dialectes Sesotho sa Leboa (sens large). L'assimilation de 'Sepedi' a 'Northern Sotho' dans la constitution sud-africaine de 1994 a efface les identites de nombreux groupes dialectaux tels que les Lobedu, Birwa ou Hananwa.
Pourquoi ce nom pose problème : La nomenclature est complexe : le même groupe est désigné Taa, ǃXóõ, ǃXoon, et chacun de ces termes recouvre des réalités légèrement différentes selon les dialectes et les regions. Les locuteurs eux-mêmes utilisent ǃXoon ou ʼNǀohan selon leur dialecte. Le terme ǃXóõ a été popularisé dans la littérature linguistique internationale mais n'est pas employé par tous les locuteurs. Le terme Masarwa est considéré péjoratif par les communautés San.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Basarwa utilise par les Tswana (signifiant ceux qui ne possedent pas de betail) est consideré pejoratif par certains membres du groupe. L'appellation generique Bushmen est aussi rejetee. Hiechware, ou Hietshware, est un nom donné aux Tshwa ; il a parfois été appliqué aussi aux Shua, ce qui crée une confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Sesarwa ou Sarwa est considere pejoratif par de nombreux membres du groupe car il implique une subordination aux Tswana. Basarwa (pluriel tswana) est le terme officiel utilise au Botswana pour l'ensemble des San, mais est aussi juge reducteur. L'appellation Bushmen est generalement rejetee.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Tswa sont souvent consideres par les recenseurs mozambicains et par les peuples voisins comme un sous-dialecte des Tsonga plutot que comme un peuple distinct. Cette ambiguite rend les donnees demographiques difficiles a etablir. La Bible de reference ecrite est basee sur la grammaire tsonga; xitswa s'en distingue par des traits phonologiques et lexicaux propres.
Pourquoi ce nom pose problème : La notion d'ethnie Bété est en partie une construction coloniale française, qui a regroupé sous une même étiquette administrative quelque 93 sous-groupes distincts, sans unité politique précoloniale. Après la conquête, des jeunes qui fuient le travail forcé partent travailler vers la Basse-Côte ; les rapports coloniaux de l'époque parlent de « jeunes Bété au tempérament turbulent et instable » qui ne se fixeraient dans aucun emploi, et Dozon y voit les rudiments d'un stéréotype qui s'est attaché au nom. Le nom ne doit pas être confondu avec Mbété (ou Mbede), un peuple bantou du Gabon et du Congo dont la langue relève d'une autre famille : les Bété de Côte d'Ivoire parlent des langues krou.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Batswana designe aussi tous les citoyens du Botswana, independamment de leur ethnicite. Il convient de distinguer les Tswana ethniques des citoyens botswanais au sens civique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Touareg a ete applique de maniere uniforme a des groupes confedres distincts qui n'avaient pas necessairement conscience d'une identite commune avant la colonisation. Les etats post-coloniaux ont souvent criminalise les revendications identitaires touaregues. Le terme Tamacheq ou Tamajaq est prefere par certains linguistes pour designer la langue plutot que le peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Kanembou ont donné le nom Toubou à l'ensemble du groupe. Ses deux principales composantes se nomment elles-mêmes Teda et Daza. L'usage de Gorane pour les Daza ajoute une possibilité de confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion avec les Tupuri (parfois appeles Toupouri) a perturbe l'identification des Kera dans certaines litteratures. Les Kera sont souvent assimiles aux Toupouri dans les recensements administratifs, contribuant a l'erosion de leur identite distincte.
Pourquoi ce nom pose problème : Kalenjin rassemble plus de 25 groupes distincts. Leurs parlers sont parfois assez différents pour que leurs locuteurs se comprennent difficilement. Avant les années 1950, chacun se présentait surtout par son propre nom, par exemple Nandi ou Kipsigis. Kalenjin était alors peu employé.
Pourquoi ce nom pose problème : La distinction entre Toucouleur sedentaires et Peul (Fulani) nomades est une construction coloniale française qui ne reflete pas la realite ethnique. Les Haalpulaar constituent en realite deux groupes distincts (Tukuloor et Fulbe) qui ont tente de forger une identite commune uniquement linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Colleyn et Jonckers indiquent que les personnes couramment appelées Minyanka se désignent elles-mêmes comme Bamana dans le contexte étudié. Cette auto-appellation ne doit pas conduire à les confondre automatiquement avec le peuple Bambara ou Bamana répertorié séparément : les usages du nom dépendent du contexte historique, religieux et linguistique.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Toura sont parfois confondus avec les Mahou (Mahouka), leurs voisins proches avec qui ils partagent de nombreuses pratiques culturelles et des masques similaires. Wikipedia (FR) note explicitement ce lien : 'les Toura ont un lien avec les Mahous : ces deux ethnies ont presque les memes fetes villageoises, coutumes et masques'. La classification de la langue toura oscille entre le sous-groupe Dan-Toura (Mande du Sud) et un positionnement autonome.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Toura sont parfois confondus avec les Mahou (Mahouka), leurs voisins proches avec qui ils partagent de nombreuses pratiques culturelles et des masques similaires. Wikipedia (FR) note explicitement ce lien : 'les Toura ont un lien avec les Mahous : ces deux ethnies ont presque les memes fetes villageoises, coutumes et masques'. La classification de la langue toura oscille entre le sous-groupe Dan-Toura (Mande du Sud) et un positionnement autonome.
Pourquoi ce nom pose problème : L'identité tutsi a été radicalement transformée par la théorie hamitique coloniale, qui présentait les Tutsi comme une race nilotique ou chamitique supérieure aux Hutu. Cette idéologie a justifié la domination coloniale pro-tutsi, puis a alimenté les propagandes anti-tutsi conduisant au génocide de 1994. Depuis 1994, l'usage du terme comme marqueur identitaire premier est découragé par le gouvernement rwandais, qui promeut l'identité Banyarwanda unifiée.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Pygmee est considere comme devalorisant et colonial. Il est percu comme un attribut physique reducteur et nie l'identite culturelle et ethnique propre a chaque groupe. Il a ete utilise historiquement pour justifier discrimination et exclusion sociale. Les organisations de droits des peuples autochtones (Forest Peoples Programme, IWGIA) recommandent d'utiliser les noms propres de chaque groupe : Baka, Bagyeli, Bedzan, Aka, Mbuti, etc.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Touareg a ete applique de maniere uniforme a des groupes confedres distincts qui n'avaient pas necessairement conscience d'une identite commune avant la colonisation. Les etats post-coloniaux ont souvent criminalise les revendications identitaires touaregues. Le terme Tamacheq ou Tamajaq est prefere par certains linguistes pour designer la langue plutot que le peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : La denomination Akan recouvre un groupe metaethnique constitue de nombreux sous-groupes (Ashanti, Fanti, Baoul, etc.) partageant une structure linguistique et culturelle commune mais conservant des identites distinctes. Le terme fut parfois applique de facon trop extensive ou au contraire restreinte selon les sources coloniales ou academiques.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Kimbulu peut induire en erreur car il désigne à la fois la langue gorowa et la langue iraqw dans certains contextes urbains, brouillant la distinction ethnolinguistique entre les deux groupes.
Pourquoi ce nom pose problème : La confusion entre le Buganda (royaume banto) et l'Uganda (etat national) est source de tensions politiques persistantes, les Baganda revendiquant une autonomie et des droits speciaux au sein de l'Etat ougandais. Le terme tribe, impose par l'administration coloniale, est rejete par de nombreux Baganda qui preferent le terme nation ou peuple.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : Les Kanembou ont donné le nom Toubou à l'ensemble du groupe. Ses deux principales composantes se nomment elles-mêmes Teda et Daza. L'usage de Gorane pour les Daza ajoute une possibilité de confusion.
Pourquoi ce nom pose problème : Un debat historiographique important entoure l'assimilation des Obamba et Mbete au groupe Kota. Marie-Claude Dupre (1980) s'y est opposee, et l'historien gabonais Guy Claver Loubamono-Bessacque (2017) a confirme que les Obamba sont des Mbete et non des Kota : ils parlent le mbede et non le kota, et leurs migrations viennent de l'est (moyenne Sangha) tandis que les Kota viennent du nord.