Village dogon au pied de la falaise de Bandiagara, Mali — Kirua, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Saviez-vous que
Des textes anciens désignent les Dogon par le nom peul Habe.
La fiche rapporte que des Peuls emploient Habe pour des populations ayant refusé l’islamisation, avec des sens liés à l’étranger et au paysan. Le nom est décrit comme méprisant. Il apparaît régulièrement à la place de Dogon dans des références anciennes.
Dogon s’est ensuite largement répandu, y compris chez les personnes concernées. Ce nom commun recouvre pourtant une douzaine de langues et une cinquantaine de variantes, dont beaucoup ne permettent pas de se comprendre. Les liens entre les Dogon sont donc aussi culturels et territoriaux.
PeupleDogon
PaysMali
PaysBurkina Faso
Appellations
Les noms sous lesquels chaque peuple d'Afrique est désigné : ceux qu'il se donne, et ceux qu'on lui a donnés.
Un peuple peut porter plusieurs noms. Certains sont employés par ses habitants, d’autres viennent de ses voisins ou d’une administration coloniale. Certains noms sont jugés méprisants. Cette page rassemble les noms que nous avons retrouvés pour vous aider à identifier le peuple dont on parle et à comprendre leur histoire.
Cette page présente les noms de peuples. Pour chercher l’origine d’un nom de famille, consultez la rubrique consacrée aux noms des personnes.
Les filtres distinguent les noms employés par un peuple pour se nommer, ceux que d’autres lui donnent et les anciennes façons de les écrire. Un nom donné de l’extérieur n’a pas nécessairement été imposé.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Galla etait insulant et a ete utilise pour minoriser le peuple oromo. Les Oromo preferent leur auto-designation Oromoo. L'appellation Galla a ete officiellement abandonnee apres la revolution de 1974.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Hova applique a l'ensemble des Merina est inexact et peut etre vecu comme pejoratif, car il efface la distinction entre les castes andriana (nobles) et hova (hommes libres).
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme générique Indiens est imprécis car il regroupe des communautés aux origines très différentes : Tamouls du Tamil Nadu, Gujaratis du Kutch, et autres sous-groupes régionaux indiens ayant des langues et pratiques religieuses distinctes.
Pourquoi ce nom pose problème : Coolies est intrinsèquement péjoratif car il rappelle le système d'exploitation des travailleurs engagés, quasi-similaire à l'esclavage. Le terme Indiens peut sembler réducteur pour des personnes dont les familles sont mauriciennes depuis 4 à 7 générations.
Pourquoi ce nom pose problème : La multiplicite des graphies (Nzebi, Ndzébi, Njabi, Bandjabi...) engendre des confusions dans la litterature coloniale et ethnographique. Le groupe est parfois confondu avec les Tsaangi, population voisine avec laquelle les Nzebi ont fusionne au fil du temps, creant une identite composite.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Punu recouvre une realite de meta-ethnie plutot que d'un groupe homogene. Il englobe plusieurs clans distincts (neuf clans symbolises par les neufs points sur le front des masques blancs) vivant dans le sud du Gabon et le nord du Congo, unis par la langue et une culture commune mais pas par une organisation politique centralisee.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Mbulu peut prêter à confusion avec les Gorowa. En ville, de jeunes Gorowa et Iraqw se reconnaissent de plus en plus dans ce même nom.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Arbore ne recouvre pas l'ensemble du peuple : les habitants de deux des quatre villages (Eegude et Murale) se désignent comme Marle et non comme Arbore. Cette dualité reflète une fragmentation identitaire interne.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Saho est avant tout une categorie linguistique rassemblant des groupes d'origine diverse ayant adopte la meme langue et culture. L'Irob, sous-groupe en Ethiopie, se distingue par sa religion catholique.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Haratine est fortement associe a l'histoire de l'esclavage et de la servitude dans le monde arabo-berbere. Il est perçu comme pejoratif dans certains contextes (notamment au Maroc). La population ainsi designee n'est pas homogene : elle regroupe des descendants de populations noires autochtones du Sahara, des descendants d'esclaves captures au sud du Sahara et des affranchis dont le statut social reste inferieur. La frontiere entre Haratine et Abid (esclaves proprement dits) est floue selon les regions et les epoques.
Pourquoi ce nom pose problème : La désignation Ndebele englobe des groupes distincts. Les Ndzundza (Ndebele du Sud proprement dit) se distinguent des Manala (Ndebele du Nord intérieur) et des Ndebele du Zimbabwe. Sous l'apartheid, les deux groupes furent regroupés dans le bantoustan KwaNdebele (1977-1994), ce qui masqua leurs différences internes.
Pourquoi ce nom pose problème : La designation Ndebele d'Afrique du Sud est souvent confondue avec les Ndebele du Zimbabwe (Matabele), auxquels ils ne sont pas directement lies : les deux groupes sont des branches distinctes du tronc nguni, separees depuis le XVIe siecle au moins.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme Matabele peut etre percu comme depreciatif par les Ndebele contemporains, qui preferent leur autodesignation AmaNdebele. La region appelee Matabeleland par les Europeens est designee Mthwakazi dans la tradition ndebele.
Pourquoi ce nom pose problème : L'etiquette Gurage leur etait imposee malgre leur rejet de cette appartenance. Le referendum de 2001 a officiellement etabli leur identite distincte. L'appellation Islam Gurage etait reductrice et confondue avec la religion plutot que l'ethnie.
Pourquoi ce nom pose problème : L'etiquette Gurage leur etait imposee malgre leur rejet de cette appartenance. Le referendum de 2001 a officiellement etabli leur identite distincte. L'appellation Islam Gurage etait reductrice et confondue avec la religion plutot que l'ethnie.
Pourquoi ce nom pose problème : Le terme générique « isleño » efface la spécificité ethnique, linguistique et religieuse (protestante et anglophone) des Raizales en les assimilant à l'ensemble de la population résidant sur l'archipel, y compris les migrants continentaux hispanophones et catholiques installés depuis les politiques de « colombianisation » engagées à partir de 1953.
Pourquoi ce nom pose problème : Le nom Kukuruku, encore utilisé parfois en référence aux Kukuruku Hills, est rejeté par la communauté comme héritage colonial dévalorisant.