Système politique traditionnel
Organisation en chefferies traditionnelles dirigées par des chefs paramountains (paramount chiefs) qui agissent comme médiateurs entre le gouvernement national et leurs communautés. Chaque groupe tribal avait historiquement son propre chef gérant les intérêts collectifs. Les chefs de ville (town chiefs) assurent la gouvernance villageoise quotidienne. L'anthropologue Caroline Bledsoe a caractérisé l'organisation sociale kpelle comme fondée sur la richesse en personnes (wealth in people), soulignant l'importance des réseaux de dépendance sociale.
Organisation clanique
Structure clanique patrilinéaire. Les clans principaux (Kpelle de Luangkori, Tengia, Warn) conservent des variations dialectales distinctes mais partagent la même ascendance. Organisation en familles étendues constituant l'unité économique de base, avec participation collective aux travaux agricoles.
Grades d'âge
Le système Poro organise implicitement des classes d'âge masculine : les garçons entre 7 et 20 ans sont initiés collectivement, créant une cohorte d'initiés partageant la même identité générationnelle. Ce système structure les relations d'autorité et de solidarité entre générations.
Rôle des lignages
Les lignages patrilinéaires déterminent l'appartenance clanique, les droits fonciers et les alliances matrimoniales. L'unité domestique est la cellule de base : un homme, ses épouses et ses enfants travaillent ensemble la terre. La transmission des savoirs agricoles et rituels s'effectue au sein du lignage paternel.
Autorité religieuse
La société secrète Poro (pour les hommes) et son équivalent féminin Sande (Bundu) exercent une autorité religieuse et sociale fondamentale. Le Grand Masque (Great Masked Figure) personnifie le Poro et n'apparait en public que déguisé. Les prêtres traditionnels et divinateurs assurent la médiation avec les esprits. Les pasteurs protestants et, plus rarement, les imams jouent un rôle croissant.