Cimier chi wara, Bamana, Mali, Huntington Museum of Art — Daderot, Wikimedia Commons, CC0
Saviez-vous que
Une explication rapproche Bambara de « ceux qui refusent ».
L’origine est discutée : le nom a été rapproché de l’arabe et du mandingue. Les sources du XVIIIe siècle citées dans la fiche lui donnent des sens comme « infidèle » ou « mécréant ». Des Mandingues musulmans l’employaient pour désigner les Bamana restés attachés à d’autres croyances.
Bamana est le nom employé par les personnes concernées. Bambara désigne aujourd’hui aussi une langue parlée par des millions de personnes et utilisée dans les échanges entre peuples. Ces usages actuels ne portent pas toujours le jugement religieux rapporté dans les textes anciens.
PeupleBambara (Bamana)
PaysMali
Chargement de la fiche peuple
Village dogon au pied de la falaise de Bandiagara, Mali — Kirua, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Saviez-vous que
Des textes anciens désignent les Dogon par le nom peul Habe.
La fiche rapporte que des Peuls emploient Habe pour des populations ayant refusé l’islamisation, avec des sens liés à l’étranger et au paysan. Le nom est décrit comme méprisant. Il apparaît régulièrement à la place de Dogon dans des références anciennes.
Dogon s’est ensuite largement répandu, y compris chez les personnes concernées. Ce nom commun recouvre pourtant une douzaine de langues et une cinquantaine de variantes, dont beaucoup ne permettent pas de se comprendre. Les liens entre les Dogon sont donc aussi culturels et territoriaux.
PeupleDogon
PaysMali
PaysBurkina Faso
Amara — Amhara — peuple (Éthiopie) | EthniAfrica
Peuple · Semitique ethiopien meridional (Ethio-semitique du sud, groupe afroasiatique)
AmaraAbyssins (terme historique occidental pour les Hautes Terres chrétiennes)
Hautes terres centrales et nord-ouest de l'Éthiopie : provinces historiques de Gojjam, Gondar (Begemder), Wollo (Bete Amhara), Lasta, Shewa, Semien, Angot, Wag
La page du nom présente ce que disent les sources : qui l'a donné, à qui, quand et pourquoi, en remontant le temps.
Les autres noms
Abyssins
Donné de l'extérieur
Amhara
D'abord le nom d'une province ; écrit pour la première fois en 1322.
Leur nomOrigine débattue
Habesha
Donné de l'extérieur
አማራ
Donné de l'extérieur
Al-Amhari
Donné de l'extérieur
Les sources des noms de ce peuple
Plusieurs sources expliquent les noms de ce peuple. Voici leurs 9 récits, rangés par nom, puis par type de source.
Encyclopédie · 1 source
Rapport public · 1 source
AmaraLeur nom1 récit
Encyclopédie1 récit
Sources éthiopiennesLe nom Amara est une des formes du nom Amhara dans les sources éthiopiennes, qui écrivent le plus souvent Amḥara et parfois Amḫara, selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
Le nom Amara est une des formes du nom Amhara dans les sources éthiopiennes, qui écrivent le plus souvent Amḥara et parfois Amḫara, selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
Depuis plusieurs sièclesLe nom Amhara désigne une province historique du centre de l'Éthiopie et, depuis plusieurs siècles, un peuple ; la langue amharique en tire son nom, selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
Le nom Amhara désigne une province historique du centre de l'Éthiopie et, depuis plusieurs siècles, un peuple ; la langue amharique en tire son nom, selon l'Encyclopaedia Aethiopica. On ne sait pas avec certitude d'où vient le mot lui-même.
XIVe siècleLe nom Amhara sert aussi aux auteurs arabes pour désigner le roi chrétien d'Éthiopie : l'historien al-ʿUmarī parle du « souverain d'Amhara », selon Tadesse Tamrat.
Le nom Amhara sert aussi aux auteurs arabes pour désigner le roi chrétien d'Éthiopie : l'historien al-ʿUmarī parle du « souverain d'Amhara », selon Tadesse Tamrat. Des lettres échangées avec les souverains d'Égypte disent de même « roi d'Amhara », selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
1322Le nom Amhara figure dans un manuscrit de l'« Évangile d'or » du monastère de Däbrä Libanos daté de 1322 ; c'est probablement sa plus ancienne mention, selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
Le nom Amhara figure dans un manuscrit de l'« Évangile d'or » du monastère de Däbrä Libanos daté de 1322 ; c'est probablement sa plus ancienne mention, selon l'Encyclopaedia Aethiopica. C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît. La province et ses habitants existaient déjà avant lui.
Fin du XIIIe siècleLe nom Amhara serait passé d'une province à un peuple : les rois de la dynastie fondée par Yekuno Amlak, originaire de l'Amhara, auraient été vus comme des « rois d'Amhara », et leurs gens appelés Amhara partout où ils s'installaient, selon une proposition de Chernetsov rapportée par l'Encyclopaedia Aethiopica.
Le nom Amhara serait passé d'une province à un peuple : les rois de la dynastie fondée par Yekuno Amlak, originaire de l'Amhara, auraient été vus comme des « rois d'Amhara », et leurs gens appelés Amhara partout où ils s'installaient, selon une proposition de Chernetsov rapportée par l'Encyclopaedia Aethiopica.
XIVe siècleLe nom Amhara sert aussi aux auteurs arabes pour désigner le roi chrétien d'Éthiopie : l'historien al-ʿUmarī parle du « souverain d'Amhara », selon Tadesse Tamrat.
Le nom Amhara sert aussi aux auteurs arabes pour désigner le roi chrétien d'Éthiopie : l'historien al-ʿUmarī parle du « souverain d'Amhara », selon Tadesse Tamrat. Des lettres échangées avec les souverains d'Égypte disent de même « roi d'Amhara », selon l'Encyclopaedia Aethiopica.
1270, dans les récits plus tardifsLe nom Amhara désigne, dans les récits sur la fin de la dynastie zagwe, la région dont Yekuno-Amlak était l'un des chefs locaux ; il prend le pouvoir en 1270, selon Tadesse Tamrat.
Le nom Amhara désigne, dans les récits sur la fin de la dynastie zagwe, la région dont Yekuno-Amlak était l'un des chefs locaux ; il prend le pouvoir en 1270, selon Tadesse Tamrat.
Début du IXe siècle, selon des mentions non datéesLe nom Amhara désigne peut-être déjà un peuple au IXe siècle : selon Tadesse Tamrat, les plus anciennes mentions des locuteurs de ce groupe de langues laissent penser que les Amhara n'étaient pas encore tous chrétiens au début de ce siècle.
Le nom Amhara désigne peut-être déjà un peuple au IXe siècle : selon Tadesse Tamrat, les plus anciennes mentions des locuteurs de ce groupe de langues laissent penser que les Amhara n'étaient pas encore tous chrétiens au début de ce siècle. Il ne dit pas de quels textes il s'agit, ni s'ils emploient ce nom.
23 MPrincipalement dans la région Amhara (Bahir Dar, Gondar, Dessie, Bahir Dar), Addis-Abeba et diaspora intérieure dans toutes les villes éthiopiennes
100 %
réf. 2025
Pourquoi la carte ne trace pas de frontièreAucune frontière ici.+ en savoir plus− replier
Sur la page d'un pays, le trait se referme parce qu'une frontière administrative est publiée et datée. Ici, rien de tel n'existe : aucune source que nous citons ne dit où la présence de ce peuple s'arrête. Ce que nous déclarons, ce sont 1 populations par pays. La carte s'en tient exactement à cela — un halo par pays, dont l'aire suit la population et dont le bord vaut zéro. Un tracé fermé aurait affirmé un dedans et un dehors que personne ne peut sourcer.
Peuples liés
RelationsLes Amhara ont entretenu des relations d'hégémonie, d'alliance et de conflit avec les peuples voisins : Oromo (grand peuple couchitique, parfois soumis, parfois allié par mariage), Tigréens (partageant la tradition aksumite et l'Église Tewahedo, rivalités dynastiques), Somalis et Afars (zones frontières), Nuer et Anuak (sud de l'Éthiopie).+ en savoir plus− replier
Les Amhara ont entretenu des relations d'hégémonie, d'alliance et de conflit avec les peuples voisins : Oromo (grand peuple couchitique, parfois soumis, parfois allié par mariage), Tigréens (partageant la tradition aksumite et l'Église Tewahedo, rivalités dynastiques), Somalis et Afars (zones frontières), Nuer et Anuak (sud de l'Éthiopie). La politique de l'empire éthiopien a longtemps consisté à imposer la langue amharique et la culture chrétienne aux peuples incorporés (Oromo, Sidama, Wolaita, etc.).
Groupes associés5 groupes associésGojjam Amhara (province du Gojjam, au sud du lac Tana, inclut le sous-royaume historique de Gojjam) · Gondar Amhara (province du Begemder, autour de Gondar, capitale impériale du 17e au 19e siècle) · Wollo Amhara (province du Wollo, region de l'ancienne Bete Amhara, centre historique de l'identité amhara) · +2+ en savoir plus− replier
Gojjam Amhara (province du Gojjam, au sud du lac Tana, inclut le sous-royaume historique de Gojjam)
Gondar Amhara (province du Begemder, autour de Gondar, capitale impériale du 17e au 19e siècle)
Langue
Langue principale
Amharique (Amarigna, አማርኛ), langue afroasiatique, branche sémitique éthio-sémitique du sud
amh
+ Voir aussi : Famille, Parlers, Rôle véhiculaire− replier
Parlers2 parlersJudeo-Amharique (Amharique des Beta Israel, Juifs d'Éthiopie) : variété parlée par les Juifs éthiopiens (Beta Israel), aujourd'hui surtout en Israël, remplaçant certains termes chrétiens par des termes juifs · Variétés régionales (Gondar, Gojjam, Wollo, Shewa) : variations phonétiques et lexicales minimes, mutuellement intelligibles+ en savoir plus− replier
Judeo-Amharique (Amharique des Beta Israel, Juifs d'Éthiopie) : variété parlée par les Juifs éthiopiens (Beta Israel), aujourd'hui surtout en Israël, remplaçant certains termes chrétiens par des termes juifs
Rôle véhiculaireL'amharique (ISO amh) est la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde après l'arabe, avec plus de 58,8 millions de locuteurs totaux (dont 33,7 millions de locuteurs natifs et 25 millions de locuteurs de deuxième langue en Éthiopie en 2020, plus 3 millions dans la diaspora).
Histoire
Précolonial
Colonial
Contemporain
PrécolonialFormation et originesLes Amhara descendent des populations sémitiques arrivées en Afrique de l'Est depuis la péninsule arabique (Sabaens, Himyarites) entre 800 et 400 av.+ en savoir plus− replier
Les Amhara descendent des populations sémitiques arrivées en Afrique de l'Est depuis la péninsule arabique (Sabaens, Himyarites) entre 800 et 400 av. J.-C. et se métissant avec les populations couchitiques autochtones (Agaw, Kefa, Gafat, Argobba). Leur ancêtre linguistique le plus proche est le ge'ez (guèze), langue sémitique du royaume d'Aksoum (1er-7e siècles), dont l'amharique est distinct (branche sud-éthio-sémitique) mais étroitement lié. Les premiers mentions documentées d'un territoire amhara (Bete Amhara, province du Wollo) datent du 9e siècle. Au 12e siècle (1128), les sources hagiographiques mentionnent la terre de Wärjih comme zone de conflits dans le cadre de la dynastie Zagwe.
Période de formation
L'identité amhara s'est constituée entre le 9e et le 13e siècle dans les hautes terres centrales de l'Éthiopie, à mesure que la langue amharique s'est différenciée du ge'ez et a acquis le statut de langue royale (Lessana Negus) sous la dynastie Zagwe. En 1270, Yekuno Amlak (issu de la province amhara du Shewa) fonde la dynastie salomonide, qui revendique la descendance du roi Salomon et de la reine de Saba, légitimant la domination amhara sur l'empire éthiopien pour sept siècles.
Migrations sudarabes (Sabaens, Himyarites) vers la Corne de l'Afrique (800-400 av. J.-C.)
Déclin du royaume aksumite et migration vers le centre-sud de l'Éthiopie (à partir du 7e siècle)
RitesTimkat (Epiphanie, 19 janvier) : fête la plus importante, commémorant le baptême du Christ dans le Jourdain ; processions de nuit avec tabots (répliques de l'Arche d'Alliance), chants, danses, immersions rituelles.+ en savoir plus− replier
Timkat (Epiphanie, 19 janvier) : fête la plus importante, commémorant le baptême du Christ dans le Jourdain ; processions de nuit avec tabots (répliques de l'Arche d'Alliance), chants, danses, immersions rituelles. Meskel (Fête de la Vraie Croix, 27 septembre) : célébration de la découverte de la Vraie Croix par sainte Hélène ; grand feu (Demera), processions, chants. Fasika (Pâques ethiopienne) : la fête la plus sacrée, précédée de 55 jours de jeûne strict (Hudade) ; liturgies de nuit, repas festif avec injera et doro wat. Mariage : souvent arrangé, cérémonie à l'église (qurban, divorce interdit pour les prêtres), ou cérémonie civile (semanya, permettant le divorce). Naissance : la mère et l'enfant restent en maison 40 jours (garçon) ou 80 jours (fille) ; baptême à 40 jours. Cérémonie du café (buna) : préparation et service du café par la femme en trois passes, moment social rituel.
Ce que nous ne savons pas encore
Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour les noms de ce peuple.
L’origine du nom Amara n’est pas datée dans le projet pour l’instant.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
Une information vous semble inexacte, incomplète ou mal présentée ?
Vous pouvez nous signaler le passage concerné et proposer une source ou un témoignage. Les contributions sont examinées avant d’être intégrées.
Densité décroissante, bord nul
Wollo Amhara (province du Wollo, region de l'ancienne Bete Amhara, centre historique de l'identité amhara)
Shewa Amhara (province du Shewa, incluant Addis-Abeba ; les locuteurs du nord du Shewa se désignent eux-mêmes comme Amhara)
Lasta Amhara (province du Lasta, Wollo, avec les fresques les plus anciennes de l'Église amhara)
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L'amharique (ISO amh) est la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde après l'arabe, avec plus de 58,8 millions de locuteurs totaux (dont 33,7 millions de locuteurs natifs et 25 millions de locuteurs de deuxième langue en Éthiopie en 2020, plus 3 millions dans la diaspora). L'amharique est la langue de travail du gouvernement fédéral éthiopien, langue officielle de plusieurs régions (Amhara, Benishangul-Gumuz, Gambela, SNNPR), langue d'enseignement dans les écoles fédérales et langue franca pour toutes les métropoles éthiopiennes. Il est écrit en fidel (fidäl), un syllabaire dérivé du ge'ez (guèze), utilisé de gauche à droite.
Expansion vers le sud et l'est sous les empereurs salomonides (14e-20e siècles)
Diaspora moderne en Europe, Amérique du Nord, Israël (communauté Beta Israel)
Bete Amhara (province de l'actuel Wollo, coeur historique identitaire)
Gondar (Begemder) : capitale impériale de 1630 à la mi-19e siècle
Gojjam (au sud du lac Tana) : royaume semi-autonome
Shewa (incluant Addis-Abeba, fondée en 1886 par Menelik II)
Region Amhara (Éthiopie actuelle) : province ethno-fédérale depuis 1995
Addis-Abeba : métropole ethiopienne, centre de la diaspora amhara intérieure
PrécolonialRoyaumes & chefferiesLa dynastie salomonide (1270-1974) est le symbole du rôle historique amhara.+ en savoir plus− replier
La dynastie salomonide (1270-1974) est le symbole du rôle historique amhara. Fondée par Yekuno Amlak en 1270 dans le Shewa amhara, elle a gouverné l'empire éthiopien pendant 700 ans (avec la parenthèse du Zemene Mesafint, 1769-1855). Les empereurs Amda Seyon I (1314-1344), Zara Yaqob (1434-1468), Fasilidès (1632-1667, fondateur de Gondar), Tewodros II (1855-1868), Menelik II (1889-1913) et Haïlé Sélassié (ras en 1917, negus en 1928, couronné Negusa Nagast le 2 novembre 1930 ; règne jusqu'en 1974) ont été les souverains les plus marquants. Son titre impérial complet, « Lion conquérant de la tribu de Juda, Élu de Dieu, Empereur d'Éthiopie » (Constitution révisée de 1955, article 2), inscrit la revendication d'une lignée remontant à Ménélik Ier, fils de la reine de Saba et du roi Salomon. L'empire éthiopien était le seul État africain à ne jamais avoir été colonisé (sauf l'occupation italienne 1935-1941).
Unifications & divisions
Sous la monarchie salomonide (1270-1974), les Amhara ont constitué le groupe dominant de l'empire éthiopien, fournissant la quasi-totalité des empereurs. La division entre les branches Gondar, Gojjam et Shewa de la dynastie salomonide a parfois généré des conflits internes. Depuis 1991 (FDRE), l'organisation ethnique de l'Éthiopie a fragmenté l'espace politique amhara. La Région Amhara (capitale Bahir Dar) est l'entité fédérale amhara depuis 1995.
ColonialInfluences extérieuresAksumisme (1er-7e siècles) : héritage culturel et linguistique fondateur.+ en savoir plus− replier
Aksumisme (1er-7e siècles) : héritage culturel et linguistique fondateur. Christianisation (4e siècle, sous le roi Ezana). Contacts avec l'Égypte copte (Église copte d'Alexandrie). Jihad d'Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi (Ahmed Gragn, 1529-1543) : dévastation partielle des Hautes Terres amhara. Empire ottoman (16e siècle) : pression en mer Rouge. Colonialisme européen : résistance victorieuse à l'Italie (bataille d'Adoua 1896, Menelik II). Occupation italienne (1935-1941). Régime marxiste Derg (1974-1991) : abolition de la monarchie, redistribution des terres, répression.
ColonialConflits & alliances1529-1543 : jihad d'Ahmed Gragn (Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi) ; les Amhara furent partiellement vaincus, aidés finalement par les Portugais.+ en savoir plus− replier
1529-1543 : jihad d'Ahmed Gragn (Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi) ; les Amhara furent partiellement vaincus, aidés finalement par les Portugais. 1896 : bataille d'Adoua, victoire de Menelik II sur l'Italie, symbole de résistance africaine au colonialisme. 1935-1941 : occupation italienne, résistance des patriotes amhara (Arbegnoch). 1974 : Révolution éthiopienne, renversement d'Haïlé Sélassié par le Derg. 1974-1991 : régime Derg (marxiste), terreur rouge, famines. 1991 : chute du Derg, prise de pouvoir par le FPLE (Tigréens) et OLF (Oromo). Depuis 2018 : montée du nationalisme amhara, tensions avec le Tigré (guerre 2020-2022) et les Oromo.
Événements majeurs
1270 : Yekuno Amlak fonde la dynastie salomonide depuis le Shewa. 13e-14e siècles : expansion de l'empire éthiopien, conquêtes sous Amda Seyon I. 1434-1468 : règne de Zara Yaqob, consolidation de l'Église orthodoxe éthiopienne. 1529-1543 : jihad d'Ahmed Gragn, dévastation des Hautes Terres. 1630 : Fasilidès fonde Gondar comme capitale impériale. 1889 : Menelik II couronné empereur, capitale déplacée à Addis-Abeba. 1896 : bataille d'Adoua, défaite de l'Italie. 1930-1974 : règne de Haïlé Sélassié I. 1935-1941 : occupation italienne. 1974 : coup d'État du Derg, fin de la monarchie. 1991 : chute du Derg, nouvelle Constitution ethnique fédérale. 2022 : conflit en Éthiopie (Tigré, puis Amhara).
ContemporainDiasporaDiaspora éthiopienne et amhara estimée à 3 millions de personnes dans le monde.+ en savoir plus− replier
Diaspora éthiopienne et amhara estimée à 3 millions de personnes dans le monde. Principales communautés aux États-Unis (Washington D.C., Minneapolis, Atlanta), en Israël (Beta Israel, Juifs éthiopiens, environ 160 000), en Europe (Suède, Allemagne, Italie), au Canada et en Australie. La diaspora a joué un rôle important dans le soutien politique et économique à l'Éthiopie, notamment lors des famines des années 1980.
+ Voir aussi : Symboles, Arts et musique, Spiritualités, Organisation− replier
SymbolesLe Negarit (tambour de cour) et la croix processionnelle (meqrab) : symboles de la royauté et de l'Église orthodoxe.+ en savoir plus− replier
Le Negarit (tambour de cour) et la croix processionnelle (meqrab) : symboles de la royauté et de l'Église orthodoxe. L'injera (galette de teff) et le wat (ragoût épicé) : symboles culinaires identitaires. Le tabots (réplique de l'Arche d'Alliance dans chaque église) : symbole religieux central. L'écriture fidel (syllabaire guèze-amharique) : symbole de l'identité culturelle séculaire. Le Lion de Juda (emblème royal salomonide) : symbole de la monarchie, repris dans le titre impérial « Lion conquérant de la tribu de Juda ». Le mouvement rastafari, né en Jamaïque en 1933, tire son nom de « Ras Tafari », le nom porté par Haïlé Sélassié avant son couronnement de 1930 : ras est son titre de noblesse, Tafari son prénom (Tafari Makonnen).
Arts et musiquePeinture religieuse : icones sur toile ou parchemin avec les grands yeux caractéristiques des figures bibliques, tradition continue depuis le 13e siècle (styles Medieval, Low et High Gondarine) ; les fresques les plus anciennes d'Ethiopie sont à Lasta.+ en savoir plus− replier
Peinture religieuse : icones sur toile ou parchemin avec les grands yeux caractéristiques des figures bibliques, tradition continue depuis le 13e siècle (styles Medieval, Low et High Gondarine) ; les fresques les plus anciennes d'Ethiopie sont à Lasta. Musique liturgique : qenie (poésie chantée à double sens sam-enna warq), begena (lyre à dix cordes, instrument spirituel), krar (lyre à six cordes), masenqo (luth à une corde), washint (flûte), kebero et negarit (tambours). Danse eskista (danse folklorique amhara, mouvements des épaules et du cou). Azmaris : musiciens populaires itinérants. Ethio-Jazz (Mulatu Astatke, années 1960-1970). Littérature : poésie qenie depuis le 14e siècle, premier roman amharique Lebb Walläd Tarik (1908, Afewerk Gebre Iyessus), première pièce de théâtre africaine écrite. Artisanat : broderies et tissages, bijoux en filigrane d'or et d'argent, emblèmes religieux.
SpiritualitésChristianisme orthodoxe éthiopien (Église Tewahedo) : 82,5 % des Amhara de la région Amhara selon le recensement de 2007.+ en savoir plus− replier
Christianisme orthodoxe éthiopien (Église Tewahedo) : 82,5 % des Amhara de la région Amhara selon le recensement de 2007. La foi est marquée par la descendance directe de la tradition aksumite (christianisation sous le roi Ezana, 4e siècle). Pratiques spécifiques : jeûnes stricts (Wednesdays, Fridays, et périodes liturgiques), liturgie en ge'ez, importance des monastères (monastères insulaires du lac Tana), culte des saints locaux. Religion populaire : croyance en Zar (esprits de possession, surtout chez les femmes), port d'amulettes coraniques et de phylactères. Minorité musulmane significative (17,2 % de la région Amhara), notamment dans le Wollo.
OrganisationSystème féodal chrétien organisé autour de la monarchie salomonide (1270-1974).+ en savoir plus− replier
Système politique traditionnel
Système féodal chrétien organisé autour de la monarchie salomonide (1270-1974). Les empereurs amhara (Negusa Nagast, « roi des rois », guèze nəgusä nägäst) exerçaient une autorité théocratique fondée sur la revendication d'une descendance de Salomon et de la reine de Saba (récit du Kebra Nagast, 14e siècle). Les grandes provinces (Gojjam, Gondar, Wollo, Shewa) étaient gouvernées par des seigneurs portant le titre de ras (guèze rəʾs, « tête » ; un rang de haute noblesse, souvent rendu par « duc ») ou de dejazmach, nommés ou reconnus par l'empereur. Le système incluait une Église orthodoxe puissante (Église Tewahedo) étroitement liée à l'État.
Organisation clanique
Contrairement aux peuples pastoraux voisins, la société amhara n'est pas organisée en clans tribaux. Elle est structurée selon des hiérarchies de clans de rang élevé et de rang inférieur, ainsi que des castes d'artisans (forgerons, potiers, tisserands : beta) qui sont endogames et stigmatisées. Historiquement, une classe d'esclaves (barya) existait, abolie dans les années 1930. L'appartenance à un groupe est définie par des critères individuels et familiaux plutôt que par une logique de clan tribale.
Rôle des lignages
Descendance patrilinéaire. Les lignages nobles (ras, dejazmach) ont joué un rôle central dans la politique impériale. L'identité amhara est fondée sur des critères linguistiques, religieux (orthodoxie) et géographiques plutôt que sur des lignages stricts. Les nobles amhara revendiquaient des généalogies remontant aux empereurs salomonides.
Autorité religieuse
L'Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo (EOTC) est l'institution religieuse centrale de la culture amhara. Son chef (Patriarche) exerce une autorité spirituelle majeure. Les prêtres (qassis) et les diacres sont présents dans chaque village. Les Debteras (chantres-lettrés) jouent un rôle crucial dans la musique liturgique et la médecine traditionnelle. Le monachisme (monastères du lac Tana, Lalibela) est très développé. L'Église a historiquement soutenu la légitimité de la monarchie salomonide.
Phillipson, David W. - Ancient Ethiopia. The British Museum Press, 1998
6.Levine, Donald N. - Wax and Gold : Tradition and Innovation in Ethiopian Culture. University of Chicago Press, 1965Publication académique
8.Marcus, Harold G. - A History of Ethiopia. University of California Press, 1994 (éd. rév. 2002)Publication académiqueCité par Wikipédia (Ras (title), note 5) pour l'étymologie de ras (« tête », titre de noblesse équivalent à duc) ; cité par Wikipédia (Haile Selassie, note 90) pour la date du 7 octobre 1928 (Tafari fait negus). Ouvrage non consulté directement, citation vérifiée via son usage sur Wikipédia.
9.Witakowski, Witold ; Balicka-Witakowska, Ewa - "Solomon in Ethiopian Tradition", in The Queen of Sheba and Her Sons, Brill, 2013Publication académiqueCité par Wikipédia (1955 Constitution of Ethiopia, note 7) pour le texte de l'article 2 sur la lignée impériale revendiquée jusqu'à Ménélik Ier, la reine de Saba et Salomon. Ouvrage non consulté directement.
10.Murrell, Nathaniel Samuel ; Spencer, William D. ; McFarlane, Adrian A. (dir.) - Chanting Down Babylon: The Rastafari Reader. Temple University Press, 1998Publication académiqueCité par Wikipédia (Lion of Judah, note 11, chapitre de Clinton Chislom) pour le titre impérial « conquering Lion of Judah, elect of God » ; cité par Wikipédia (Haile Selassie, note 45) pour l'étymologie « Haile Selassie » = « puissance de la Trinité ». Ouvrage non consulté directement.
11.Edmonds, Ennis B. - Rastafari: A Very Short Introduction. Oxford University Press, 2012Publication académiqueUn des quatre ouvrages cités par Wikipédia (Rastafari, note 30, p. 32) pour l'origine du nom « Rastafari », repris de « Ras Tafari Makonnen ». Ouvrage non consulté directement.