Le terme « sémitique » (allemand *Semitisch*, anglais *Semitic*) a été créé en **1781** par **August Ludwig von Schlözer** (1735-1809) dans son article *"Von den Chaldäern"* publié dans le *Repertorium für biblische und morgenländische…
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Le terme « sémitique » (allemand *Semitisch*, anglais *Semitic*) a été créé en **1781** par **August Ludwig von Schlözer** (1735-1809) dans son article *"Von den Chaldäern"* publié dans le *Repertorium für biblische und morgenländische Literatur* de Johann Gottfried Eichhorn. Schlözer proposa ce terme pour désigner les langues apparentées à l'hébreu, l'arabe et l'araméen, en référence biblique au personnage de Sem (hébreu *Šēm*), fils de Noé dans la Genèse. Le terme fut popularisé par **Johann Gottfried Eichhorn** (1752-1827) dans son article *"Semitische Sprachen"* en **1795** et dans son ouvrage *Einleitung ins Alte Testament* (1787). Les linguistes du XIXe siècle, notamment **Friedrich Müller** (1876) dans *Grundriss der Sprachwissenschaft*, ont ensuite construit la catégorie « chamito-sémitique » (ou « chamito-sémitique ») en y ajoutant d'autres peuples africains selon une logique biblique non scientifique, opposant les « Sémites » aux « Chamites » (descendants de Cham, autre fils de Noé).
Suivre l'histoire du nom Sémitique→La page du nom présente ce que disent les sources : qui l'a donné, à qui, quand et pourquoi, en remontant le temps.
- Chamito-sémitique
- Sémito-chamitique
Le terme « chamito-sémitique » est profondément racialiste et colonial : il classe des peuples selon des généalogies bibliques et une hiérarchie raciale imaginaire.
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La notion de « Chamites », opposée à « Sémites », a été utilisée par des auteurs coloniaux (notamment Ernest Renan, Friedrich Müller) pour attribuer certains progrès techniques ou civilisations africaines à des étrangers « non-nègres », créant une dichotomie artificielle entre peuples « civilisés » (Sémites) et « primitifs » (Chamites). Cette classification a servi les discours coloniaux français, britanniques et allemands pour hiérarchiser les peuples africains. Des auteurs africains ont critiqué cette vision : **Cheikh Anta Diop** (1923-1986) dans *Nations nègres et culture* (1954) et *Antériorité des civilisations nègres* (1967) a dénoncé la division Chamites/Sémites comme eurocentrée, affirmant l'origine africaine des langues afro-asiatiques. Le linguiste éthiopien **Wolf Leslau** (1906-2006) a documenté les langues éthiosémitiques comme pleinement inscrites dans le monde africain. Les études génétiques modernes (Kitchen et al. 2009, Pagani et al. 2015) montrent que les populations parlant des langues sémitiques en Afrique présentent des patrimoines génétiques majoritairement africains avec des apports ouest-eurasiens anciens, invalidant toute lecture raciale essentialiste. Aujourd'hui, seule l'appellation **« sémitique »** (linguistique) est conservée, classée comme branche de la famille afro-asiatique (terme préféré à « chamito-sémitique »).