Système politique traditionnel
Les Zenata etaient organises en confederations tribales nomades ou semi-nomades, dirigees par des chefs (shuyukh) hereditaires. Lorsqu'ils accedaient au pouvoir dynastique (Marinides, Zayyanides), ils adoptaient les structures politiques islamiques (sultanat, makhzen) tout en maintenant la legitimite tribale berbere. Le droit coutumier berbere (azerf) coexistait avec la charia islamique dans leurs territoires.
Organisation clanique
Les trois grandes tribus identifiees par Ibn Khaldun (Jarawa, Maghrawa, Banu Ifran) se subdivisaient en clans et familles etendues. L'organisation clanique permettait de mobiliser rapidement des contingents militaires (notamment la cavalerie legere, la gineteria, reputee dans tout l'Occident). Les alliances entre clans etaient scellees par des mariages et des pactes guerriers.
Rôle des lignages
La legitimite dynastique des grandes maisons zenata (Marinides, Zayyanides) reposait sur la genealogie tribale berbere. Les Marinides revendiquaient une ascendance commune zenata pour justifier leur domination sur d'autres tribus. La transmission du pouvoir suivait des regles de succession complexes, parfois source de guerres civiles entre branches de la meme maison.
Autorité religieuse
Les Zenata embrasserent rapidement l'islam sunnite, d'abord dans sa version kharidjite (8e siecle : la revolte de 740 fut conduite par des Zenata kharijites soufris) puis dans sa version sunnite malekite, promue activement par les Marinides qui parrainerent la construction de madrasas a Fes. Les sultans marinides Abou al-Hasan et Abou Inan furent de grands mecenes du malikisme. Les conferies soufies etaient predominantes dans les campagnes de leur empire.