Système politique traditionnel
L'Empire luba etait gouverne par le Mulopwe (roi sacre, detenteur du bulopwe — principe de sacralite royale divine), assiste des Bamfumus (conseil de nobles). Les rois de clans tributaires (Balopwe) administraient les territoires regioaux. La societe secrete Bambudye (ou Mbudye) — ses membres etaient des 'hommes de memoire' (bami ba lukasa) — controlait la memoire historique royale, interpretait les lukasa et pouvait executer un roi abusif. Le systeme fut adopte par les Lunda et diffuse dans toute l'Afrique centrale.
Organisation clanique
Les Luba-Shankaji pratiquent la filiation patrilineaire, a la difference des Luba-Hemba qui sont matrilineaires. Les clans (bena) sont les unites sociales et politiques de base. L'appartenance clanique determine les droits fonciers, les obligations economiques (tributs) et les alliances matrimoniales. Les chefs conquis etaient obliges d'epouser des femmes de la famille royale luba pour creer des liens de loyaute.
Rôle des lignages
Les lignages patrilineaires (pour les Shankaji) ou matrilineaires (pour les Hemba) structurent les droits sur les ressources (mines, peche, agriculture), les droits successoraux et les obligations rituelles. Les mwadi (femmes mediums incarnant les esprits des rois defunts) assurent la communication entre vivants et ancetres royaux et jouent un role politique dans la legitimation du pouvoir en place. Apres la mort d'un roi, son village devenait kitenta (sanctuaire royal).
Autorité religieuse
La royaute luba est sacree (bulopwe) : le roi est a la fois chef politique et intermediaire avec le monde divin et ancestral. La societe Bambudye combina fonctions religieuses (rituel, divination) et politiques (contrepoids au pouvoir royal). Les pretres (Nsengha, Kitobo) et les guerisseurs-devins (Nganga, Mfwintshi) pratiquent la divination (Lubuko). Les Peres Blancs catholiques et les missions methodistes ont converti une grande partie des Luba-Katanga au christianisme depuis la fin du 19e siecle.