Case et falaises près de Siby, Mali — Ralf Steinberger, Flickr, CC BY 2.0
Saviez-vous que
Malinké, Mandinka, Mandingo et Maninka sont des noms liés au Manden.
Ces noms sont rattachés au Manden, région historique associée à l’empire du Mali. Malinké est la forme française. Maninka est employé en Guinée et au Mali ; Mandinka au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. Mandingo est une forme anglaise héritée de la période coloniale, encore employée en Gambie et en Sierra Leone.
Les usages varient donc selon les régions et les langues. La fiche évoque environ quinze millions de personnes et plusieurs langues distinctes dans le classement ISO 639-3. La ressemblance entre les noms ne suffit pas à décrire les liens entre toutes ces langues.
PeupleMalinké
PaysMali
PaysGuinée
PaysSénégal
PaysGambie
Chargement de la fiche peuple
Plaine inondée près de Pibor, Soudan du Sud, 2012 — Олег Сокол, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Saviez-vous que
Les voisins des Murle les appellent par plusieurs noms.
Les documents coloniaux britanniques relèvent Beir chez les Dinka, Jebe chez les Luo et les Nuer, et Ajibba chez les Anuak. Murle est le nom employé par les personnes concernées pour se désigner.
La fiche rapporte qu’en murle, moden désigne les personnes qui ne sont pas murle, avec les sens d’étranger et d’ennemi. Les noms employés de part et d’autre peuvent ainsi exprimer la manière dont chacun perçoit ses voisins.
PeupleMurle
PaysSoudan du Sud
PaysÉthiopie
Peuple · Groupe saharien occidental, branche tebu (nilo-saharien); sous-groupe Daza (Dazaga) distinct du Tedaga (Teda)
DazaGorane
Region du Borkou (Faya-Largeau), desert du Djurab, nord du Kanem, Bahr el-Ghazal septentrional (Tchad central et nord), extensions au Niger oriental et en Libye meridionale
Un nom d'abord porté par quelques tribus du Bahr el-Ghazal, puis par tous les Toubou du sud.
Leur nomEn dazagaLes pistes sur le sens
Le nom Daza désigne aujourd'hui, avec celui de Gorhan, des groupes toubou qui vivent à l'est du Kanem, dans la région du Bahr el-Ghazal, selon Dierk Lange. Les sources que nous avons lues n'expliquent pas d'où vient ce nom.
Où il a été écrit
1858 · Dáza · Heinrich Barth · Travels and Discoveries in North and Central Africa, vol. IV, p. 18
La page du nom présente ce que disent les sources : qui l'a donné, à qui, quand et pourquoi, en remontant le temps.
Les autres noms
Gorane
Le nom que les Arabes donnent aux Daza, cité dès le début du VIIIe siècle.
Donné de l'extérieurOù il a été écrit
1879 · Qorân · Gustav Nachtigal · Sahărâ und Sûdân. Ergebnisse sechsjähriger Reisen in Afrika, erster Theil, p. 421
Gouran
Donné de l'extérieur
Dazzaga
Donné de l'extérieur
Dazagara
Donné de l'extérieur
Dazagada
Donné de l'extérieur
Les sources des noms de ce peuple
Plusieurs sources expliquent les noms de ce peuple. Voici leurs 7 récits, rangés par nom, puis par type de source.
Rapport public · 2 sources
Archive · 3 sources
DazaLeur nom4 récits
Rapport public1 récit
Usage décrit par l'auteurLe nom Daza désigne aujourd'hui, avec celui de Gorhan, des groupes toubou qui vivent à l'est du Kanem, dans la région du Bahr el-Ghazal, selon Dierk Lange.
Le nom Daza désigne aujourd'hui, avec celui de Gorhan, des groupes toubou qui vivent à l'est du Kanem, dans la région du Bahr el-Ghazal, selon Dierk Lange. Les sources que nous avons lues n'expliquent pas d'où vient ce nom.
1881Le nom Daza n'appartenait d'abord qu'à quelques tribus du Bahr el-Ghazal, les Sakerda et les Norea, selon l'explorateur allemand Gustav Nachtigal.
Le nom Daza n'appartenait d'abord qu'à quelques tribus du Bahr el-Ghazal, les Sakerda et les Norea, selon l'explorateur allemand Gustav Nachtigal. On l'a ensuite donné au Bornou à tous les Toubou du sud, et il juge ce choix fondé, puisque tous appellent leur langue commune dazaga.
1879Le nom Daza est, selon Gustav Nachtigal, celui que se donnent pour la plupart les gens du Bahr el-Ghazal.
Le nom Daza est, selon Gustav Nachtigal, celui que se donnent pour la plupart les gens du Bahr el-Ghazal. Il propose de partager toute la famille toubou, d'après ses deux dialectes, entre les Teda du Tibesti et du Kawar et les Daza du Borkou, du Bahr el-Ghazal et du Kanem.
Récit publié en 1858Le nom Daza apparaît dans le récit de l'explorateur allemand Heinrich Barth, paru en anglais en 1858 : il rencontre au Bornou des Toubou de la tribu des Daza, chassés autrefois d'Agadem par les Touareg.
Le nom Daza apparaît dans le récit de l'explorateur allemand Heinrich Barth, paru en anglais en 1858 : il rencontre au Bornou des Toubou de la tribu des Daza, chassés autrefois d'Agadem par les Touareg. C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît. Les Daza existaient déjà avant elle.
Usage décrit par les auteursLe nom Gorane est une appellation que les Arabes donnent aux Daza, et il est encore en usage, selon Tadeusz Lewicki ; Dierk Lange l'écrit Gorhan.
Le nom Gorane est une appellation que les Arabes donnent aux Daza, et il est encore en usage, selon Tadeusz Lewicki ; Dierk Lange l'écrit Gorhan.
Avant 728Le nom Gorane apparaît, sous la forme Kurān ou Korān, chez l'auteur arabe Wahb ibn Munabbih, qui écrivait avant 728, selon Tadeusz Lewicki.
Le nom Gorane apparaît, sous la forme Kurān ou Korān, chez l'auteur arabe Wahb ibn Munabbih, qui écrivait avant 728, selon Tadeusz Lewicki. C'est la plus ancienne trace de ce nom que le projet connaît. Les Daza existaient déjà avant lui.
1879Le nom Gorane s'écrit Qorân chez Gustav Nachtigal : les Arabes, note-t-il, appellent Tubu les Teda et Qorân les Daza, mais emploient parfois l'un ou l'autre nom pour tous.
Le nom Gorane s'écrit Qorân chez Gustav Nachtigal : les Arabes, note-t-il, appellent Tubu les Teda et Qorân les Daza, mais emploient parfois l'un ou l'autre nom pour tous.
5 kPrincipalement Omdurman (3 000 locuteurs) et zones frontieres
0,6 %
réf. 2025
Pourquoi la carte ne trace pas de frontièreAucune frontière ici.+ en savoir plus− replier
Sur la page d'un pays, le trait se referme parce qu'une frontière administrative est publiée et datée. Ici, rien de tel n'existe : aucune source que nous citons ne dit où la présence de ce peuple s'arrête. Ce que nous déclarons, ce sont 4 populations par pays. La carte s'en tient exactement à cela — un halo par pays, dont l'aire suit la population et dont le bord vaut zéro. Un tracé fermé aurait affirmé un dedans et un dehors que personne ne peut sourcer.
Densité décroissante, bord nul
Fragmentation coloniale4 pays de présence+ en savoir plus− replier
RelationsRelations historiques avec les Zaghawa/Beri a l'est (probablement d'origine commune lointaine; voisinage et parfois rivalites).+ en savoir plus− replier
Relations historiques avec les Zaghawa/Beri a l'est (probablement d'origine commune lointaine; voisinage et parfois rivalites). Relations avec les Kanembou et Kanembu au sud (echanges commerciaux, notamment sel et natron contre cereales). Relations avec les Arabes du Sahel (tensions et alliances variables selon les epoques). En Libye, coexistence conflictuelle avec les peuples arabes sous Kadhafi (privation de citoyennete, affrontements a Sabha 2012). Relations avec les Wodaabe-Fulani nomades dans les zones de paturages sahelo-sahariens.
Groupes associés10 groupes associésAlala · Anakaza (ou Anacaza) · Kamaya (canton de Borkou; etymologie Kama-dro-yede, habitant de l'oasis de Faya) · +7+ en savoir plus− replier
Alala
Anakaza (ou Anacaza)
Kamaya (canton de Borkou; etymologie Kama-dro-yede, habitant de l'oasis de Faya)
Azza (dialecte de la caste artisanale Azza; parle par les Dazagara de cette caste)
Rôle véhiculaireLe dazaga est parle par environ 700 000 personnes : environ 606 000 au Tchad (Tibesti et Borkou notamment), 93 200 au Niger (pres de N'guigmi et au nord), 3 000 au Soudan (Omdurman) et de petites communautes en Libye.+ en savoir plus− replier
Le dazaga est parle par environ 700 000 personnes : environ 606 000 au Tchad (Tibesti et Borkou notamment), 93 200 au Niger (pres de N'guigmi et au nord), 3 000 au Soudan (Omdurman) et de petites communautes en Libye. Le dazaga est classe langue de communication plus large (wider communication) par Ethnologue. Il est proche mais distinct du tedaga (langue des Teda); les Teda comprennent le dazaga mieux que l'inverse. L'arabe tchadien est la langue vehiculaire regionale, le francais la langue administrative au Tchad, l'arabe en Libye et au Soudan.
Histoire
Précolonial
Colonial
Contemporain
PrécolonialFormation et originesLes Daza partagent avec les Teda une origine commune dans les montagnes du Tibesti et les plaines sahariennes environnantes.+ en savoir plus− replier
Les Daza partagent avec les Teda une origine commune dans les montagnes du Tibesti et les plaines sahariennes environnantes. Les Toubou (Teda et Daza) sont mentionnes dans les sources islamiques du 8e siecle (Ibn Qutaybah) conjointement aux Zaghawa. Certains chercheurs (Jean Chapelle) les identifient possiblement aux Ethiopiens mentionnes par Herodote (430 av. J.-C.) chasses par les Garamantes dans la region Fezzan-Nubie; les Garamantes et les Toubou occupent les memes terres de l'antiquite. Au 9e siecle, al-Khwarizmi mentionne specifiquement les Daza comme Toubou meridionaux. Des etudes genetiques (Haber et al. 2016) revelent chez les Toubou une composition genetique unique : environ 34% R1b-V88, 31% T1a, avec 20-30% d'ADN autosomal eurasien (agriculteurs europeens neolithiques) et des composantes africaines.
Période de formation
La distinction entre Teda (Tibesti et Sahara du nord) et Daza (Sahel et regions meridionales) s'est etablie au fil du temps, probablement a mesure que les groupes meridionaux s'adaptaient a un environnement plus sahélien. Les Daza couvrent le Borkou, le plateau de l'Ennedi, le nord du Kanem et le Bahr el-Ghazal. Aux 18e-19e siecles, les Toubou de Kaouar maintinrent une ville independante jusqu'en 1870. En 1936, les Francais creerent des cantons administratifs dans le Borkou et nommerent les premiers chefs officiels (dont al-haj Kellei Chahami pour le canton Kamaya).
Presence ancestrale dans le Tibesti et les plaines sahariennes du Tchad central
Extension progressive vers le Borkou, l'Ennedi et le Kanem (mouvements saisonniers des paturages)
Transhumances nord-sud entre les oasis du Tibesti (saison seche) et les paturages sahéliens du Kanem et Bahr el-Ghazal (saison des pluies)
Migrations vers le Niger (region de N'guigmi) et la Libye meridionale
Desert du Djurab (nord-central du Tchad)
Region du Borkou et Faya-Largeau (chef-lieu traditionnel des Daza, dit capitale Dazagra)
Plateau de l'Ennedi (nord-est du Tchad)
Nord du Kanem (environ 300 000 Dazaga-speakers selon Wikipedia)
Bahr el-Ghazal septentrional (Tchad)
Niger oriental (pres de N'guigmi et au nord; environ 93 200 locuteurs)
Libye meridionale (Sabha, Oasis de Kufra) et Soudan (Omdurman, 3 000 locuteurs)
PrécolonialRoyaumes & chefferiesLes Daza n'ont pas forme de royaume centralise.+ en savoir plus− replier
Les Daza n'ont pas forme de royaume centralise. Leur histoire politique est celle de clans semi-nomades maintenant une independence sur leurs territoires pastoraux. L'epoque du Kanem-Bornu les vit en peripherie de l'empire sans integration veritable. La ville toubou de Kaouar maintint son independance jusqu'en 1870. Dans l'histoire moderne tchadienne, des leaders daza (Hissene Habre, de clan Dazagra) ont accede au pouvoir national. Les Toubou (Teda et Daza) representent la quasi-totalite de la population du BET (Borkou-Ennedi-Tibesti), soit environ 6% de la population tchadienne sur plus d'un tiers du territoire.
Unifications & divisions
Les Daza sont divises en de nombreux clans (Alala, Altafa, Anakaza, Ankorda, Ayya, Sharara, Sharfada, Shuna, Djagada, Dogorda, Donza, Gadwa, Gaeda, Howda, Kamaya, Kamsoulla, Kara, Ketcherda, Kokorda, Maghya, Medelea, Mourdiya, Nara, Salma, Tchiroua, Tchoraga, Wandala, Wandja, Warba, Warda, Yira et bien d'autres). La caste Azza (artisans, statut inferieur, endogames, parlant le Dazaga) est segreguee du reste de la societe. Une autre caste historique, les esclaves (Agara, issus de raids vers le sud), a ete officiellement emancipee en 1953 dans le Borkou.
Noms de personnes associés à ce peuple
Nous ne rattachons encore aucun nom à ce peuple. La dimension des noms vient d'ouvrir et ne couvre qu'une petite part de notre projet.
Culture et société
RitesCeremonies islamiques majeures : Ramadan, Aid el-Fitr, Aid el-Adha (sacrifice du betail), Mawlid.+ en savoir plus− replier
Ceremonies islamiques majeures : Ramadan, Aid el-Fitr, Aid el-Adha (sacrifice du betail), Mawlid. Mariage : dot en betail (dromadaires, chevres, moutons) ; polygamie permise selon l'islam (relativement repandue); les Daza du Kanem et du Bahr el-Ghazal pratiquent le mariage entre cousins proches, contrairement aux Teda. Circoncision masculine comme rite de passage. Funerailles islamiques avec periodes de deuil et visites de condoleances. Rites lies a la transhumance : prieres et invocations avant les departs saisonniers. Goroga (Diyya, compensation versee par la famille du meurtrier a la famille de la victime) : systeme de resolution de conflits codifie.
+ Voir aussi : Symboles, Arts et musique, Spiritualités, Organisation− replier
SymbolesLe dromadaire est le symbole central de richesse, de mobilite et de statut chez les Daza : herde de dromadaires, chevres, bovins et anes constituent le capital familial et la dot matrimoniale.+ en savoir plus− replier
Le dromadaire est le symbole central de richesse, de mobilite et de statut chez les Daza : herde de dromadaires, chevres, bovins et anes constituent le capital familial et la dot matrimoniale. Les oasis (notamment Faya-Largeau, capitale du Borkou et centre dazaga) sont des poles identitaires majeurs. Le massif du Tibesti, bien que plus specifique aux Teda, est un repere territorial symbolique pour l'ensemble des Toubou. Le sel et le natron (extraits et commerces depuis des siecles) sont des produits identitaires du territoire daza.
Arts et musiquePoesie orale et recits epiques celebrant les exploits guerriers, les ancetres et les grands personnages historiques.+ en savoir plus− replier
Poesie orale et recits epiques celebrant les exploits guerriers, les ancetres et les grands personnages historiques. La caste Azza joue un role de musicien (tambours, chants) lors des ceremonies de mariage et celebrations collectives. Artisanat : travail du cuir (selles, outres, sandales, tentes), ferronnerie (outils, bijoux), poterie, extraction et commerce du sel et du natron. Tissage et confection de vetements. Decoration des tentes nomades. Chants et danses lors des rassemblements de clans. Les femmes pratiquent la broderie et la teinture.
Ce que nous ne savons pas encore
Aucun récit transmis oralement n’est enregistré pour les noms de ce peuple.
Avant sa plus ancienne trace connue du projet, l’histoire du nom Daza reste à écrire.
Nous pensons qu’une meilleure connaissance des histoires et des liens entre les populations d’Afrique peut nourrir la compréhension et la coopération.
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ColonialInfluences extérieuresIslamisation progressive depuis les premiers contacts avec l'islam (8e-9e siecles), devenant pratique generalisee.+ en savoir plus− replier
Islamisation progressive depuis les premiers contacts avec l'islam (8e-9e siecles), devenant pratique generalisee. Influence du sultanat du Kanem-Bornu en peripherie. Colonisation francaise : creation de cantons et de chefferies administrees en 1936; emancipation des esclaves en 1953. Independance du Tchad (1960) et integration dans l'Etat national. Guerres civiles tchadiennes (1966-1991) avec implication de chefs Daza (Hissene Habre, de clan Dazagra). Situation en Libye : sous Kadhafi, les Toubou ont ete prives de citoyennete (2007), suivi d'affrontements et de la guerre civile de 2011. Conflits contemporains au Tchad et en Libye.
ColonialConflits & alliancesPremiere guerre civile tchadienne (1966-1979) : role central des chefs Toubou (Goukouni Oueddei, Teda, chef du FROLINAT et president 1979-1982; Hissene Habre, Dazagra, president 1982-1990).+ en savoir plus− replier
Premiere guerre civile tchadienne (1966-1979) : role central des chefs Toubou (Goukouni Oueddei, Teda, chef du FROLINAT et president 1979-1982; Hissene Habre, Dazagra, president 1982-1990). 1965 : le derde Oueddei Kichidemi proteste contre la garnison tchadienne a Bardaï, est exile en Libye et devient symbole de la resistance. 2007 (Libye) : privation de citoyennete des Toubou par Kadhafi; soulèvement du Front toubou pour le salut de la Libye (TFSL) en 2008. 2011 : dans la guerre civile libyenne, les Toubou soutiennent les rebelles, prennent Qatrun et Murzuk. 2012 : affrontements a Sabha et menaces de separatisme. Tensions recurrentes avec les groupes arabes nomades pour le controle des puits et paturages.
Événements majeurs
9e siecle : mentions par al-Khwarizmi. 18e siecle : independance de la ville toubou de Kaouar jusqu'en 1870. 1936 : creation des cantons administratifs francais dans le Borkou. 1953 : emancipation des esclaves (Agara) dans le Borkou. 1960 : independance du Tchad. 1965-1966 : protestation contre la garnison tchadienne au Tibesti; le derde Oueddei Kichidemi est exile en Libye. 1966-1979 : premiere guerre civile tchadienne; Goukouni Oueddei (Teda) dirige le FROLINAT puis devient chef d'Etat. 1982-1990 : Hissene Habre (Dazagra) president du Tchad. 1990 : Idriss Deby (Zaghawa, non Daza) renverse Habre. 2007-2012 : crises des droits des Toubou en Libye, soulèvement du TFSL.
ContemporainDiasporaDiaspora interne au Tchad vers les villes (Faya-Largeau, N'Djamena).+ en savoir plus− replier
Diaspora interne au Tchad vers les villes (Faya-Largeau, N'Djamena). Communautes en Libye (particulierement dans le Fezzan et les villes du sud) soumises a des pressions politiques recurrentes. Petite communaute en Arabie Saoudite (Jeddah). Au Niger, les Daza vivent principalement dans la region de Diffa et autour de N'guigmi, zone frontaliere avec le Tchad.
SpiritualitésIslam sunnite malekite generalise, base sur la pratique de la loi islamique (restitution/vengeance pour les crimes, negociation familiale).+ en savoir plus− replier
Islam sunnite malekite generalise, base sur la pratique de la loi islamique (restitution/vengeance pour les crimes, negociation familiale). Maintien de pratiques pre-islamiques : croyances en des esprits locaux lies aux oasis et aux elements naturels. Le derde des Teda a une fonction spirituelle reconnue aussi dans le monde daza. La vie nomade favorise une spiritualite liee a l'environnement naturel (etoiles pour la navigation, interpretation des signes climatiques). Des communautes de Jeddah (Arabie Saoudite) temoignent d'un ancrage islamique important.
OrganisationOrganisation clanique avec chefs de clan (sultan, melk) dont l'autorite s'exerce sur les oasis, paturages et puits familiaux ou claniques.+ en savoir plus− replier
Système politique traditionnel
Organisation clanique avec chefs de clan (sultan, melk) dont l'autorite s'exerce sur les oasis, paturages et puits familiaux ou claniques. Chez les Teda (et partiellement les Daza), le derde est le chef spirituel supreme (chef du clan Tumagra) : il arbitre les conflits majeurs, prononce des sanctions et peut maudire ou lever des maleductions. L'organisation politique daza est moins centralisee que celle des Teda. Depuis 1936 (colonisation francaise), des cantons et des chefs nommes par l'Etat coexistent avec les structures traditionnelles.
Organisation clanique
Nombreux clans (voir liste dans unificationsOrDivisions), chacun avec des droits sur des oasis, des puits et des paturages specifiques. Stratification sociale : hommes libres (proprietaires de terres et de betail), caste Azza (artisans endogames : forgerons, potiers, mineurs de sel, tanneurs, cordonniers, musiciens), et anciennement esclaves Agara (emancipes en 1953 dans le Borkou). Les droits sur les palmiers dattiers, puits, animaux et recoltes sont determines individuellement ou par famille au sein du cadre clanique.
Rôle des lignages
Patrilinearite pour la transmission des droits sur les terres, oasis et animaux. Les liens maternels jouent egalement un role dans les alliances interclaniques. Les droits sur les palmiers dattiers et les puits sont souvent individuels, transmis en heritage au sein de la famille. La clan assure l'hospitalite aux membres en transhumance dans d'autres territories.
Autorité religieuse
Islam sunnite base sur la loi islamique (diya / prix du sang pour les meurtres; restitution ou vengeance pour les crimes; negociation finale entre familles avec versement du Goroga/Diyya). Les oulémas locaux administrent la justice islamique. Le derde (chef spirituel Teda) a une fonction rituelle et d'arbitrage reconnue aussi par les Daza. Les croyances traditionnelles persistent en syncretisme avec l'islam.