Le terme « Nilo-Saharan » a été créé par **Joseph H. Greenberg** en **1963**, dans son ouvrage *The Languages of Africa* (Indiana University Press / Mouton).
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Greenberg avait repris et élargi des classifications antérieures de linguistes européens (Diedrich Westermann, Heinrich Lepsius, Heinrich Barth, Carl Meinhof), en combinant les anciens groupes "Sudanic" et divers ensembles non-affiliés exclus de Niger-Congo, Afro-asiatique et Khoisan. C'est **une construction comparative moderne**, et non un terme ancien ou endogène. Avant Greenberg, Westermann (début XXe siècle) utilisait "Sudanic" et "Chari-Nile" était proposé dans les années 1950.
Suivre l'histoire du nom Nilo-saharien→La page du nom présente ce que disent les sources : qui l'a donné, à qui, quand et pourquoi, en remontant le temps.
**Preuves coloniales :** Le terme s'inscrit dans une tradition de classification linguistique européenne du XIXe-XXe siècle (missions, explorateurs, chercheurs coloniaux) dont les catégories reflètent des perspectives extérieures,…
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**Preuves coloniales :** Le terme s'inscrit dans une tradition de classification linguistique européenne du XIXe-XXe siècle (missions, explorateurs, chercheurs coloniaux) dont les catégories reflètent des perspectives extérieures, universalisantes et parfois hiérarchisées. Les concepts de "Niloto-Soudan", "Sudanic", "Chari-Nile" proviennent de travaux de Westermann, Lepsius, Meinhof, qui utilisaient des critères historiques et géographiques centrés sur les Européens, parfois sans preuves internes rigoureuses pour tous les sous-groupes. Carl Meinhof utilisait notamment des concepts comme "Hamitic component" pour justifier des hiérarchies raciales linguistiques. **Auteurs locaux défendant l'africanité :** Certains linguistes africains remettent en question l'unité génétique complète du phylum Nilo-Saharien, soulignant des branches mal attestées ou divergentes. Théophile Obenga critique notamment la méthode de "comparaison de masse" de Greenberg et l'absence de preuves systématiques. Les communautés nilotiques revendiquent leurs langues endogènes et les études anthropologiques locales remettent en cause les imputations imposées par la classification coloniale. **Études génétiques modernes :** Des analyses récentes montrent que les populations parlant des langues supposées Nilo-Sahariennes présentent une forte variation génétique et une certaine isolation entre groupes. L'étude de Dobon et al. (2015) dans *Scientific Reports* identifie un composant génétique commun chez des groupes parlant des langues dites Nilo-Sahariennes au Soudan et au Soudan du Sud, mais aussi des niveaux d'admixture importants, montrant que la frontière linguistique ne coïncide pas toujours avec la structure génétique. L'étude de Mulindwa et al. (2020) sur les Lugbara (Nord-Ouest de l'Ouganda) documente une biodiversité génétique importante avec signatures adaptatives mais pas de mélange complet avec Afro-asiatique/Niger-Congo. **Critiques linguistiques modernes :** Plusieurs linguistes contestent aujourd'hui la cohérence génétique de la famille Nilo-Saharien. Glottolog (2019) ne reconnaît pas l'unité de plusieurs branches, notamment Kadu, Koman, Kunama. Gerrit Dimmendaal, Roger Blench, Tom Güldemann et d'autres linguistes modernes jugent les preuves pour l'unité de la famille encore insuffisantes, en particulier pour des groupes comme Kadu ou Songhai. Certains qualifient Nilo-Saharien comme un "wastebasket" (poubelle) de Greenberg sans preuves comparatives robustes pour toutes ses branches.